La légine

La légine australe Dissostichus eleginoides est l’une des rares espèces de poissons capables de coloniser les eaux froides de l’océan Austral grâce à la présence dans son sang de composés antigels. Elle est abondante dans les Zones économiques exclusives (ZEE) de Kerguelen et Crozet qui font partie du territoire des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf).

Classée dans la famille des Nototheniidae (poissons des glaces), la légine australe est une espèce à forte valeur commerciale, appréciée pour sa chair blanche et fondante. C’est une espèce carnassière, qui peut atteindre plus de 2 mètres et plus de 80 kg.

Le mode de vie de la légine australe est essentiellement démersale, c’est‐à‐dire qu’elle vit généralement près du fond. La légine australe n’est pas une espèce qualifiable de strictement profonde (à la différence d’espèces comme l’empereur, le sabre noir, les grenadiers, les requins profonds…) car toute une partie de son cycle vital se déroule en dehors de ce milieu profond. Les juvéniles sont ainsi présents des zones peu profondes aux zones côtières (dès 9 mètres dans le golfe des Baleiniers, Kerguelen) et les adultes sont surtout abondants dans les grandes profondeurs (plus de 2000 mètres).

La légine australe se reproduit pendant l’hiver austral (les mois de juin et juillet constituent la période optimale) et sa maturité sexuelle est atteinte à 6/7 ans pour les mâles (avec une taille moyenne de 56 centimètres) et à 9/10 ans pour les femelles (avec une taille moyenne de 85 centimètres). La croissance (et la longévité) de cette espèce n’est pas comparable à celle d’espèces profondes.

Espèce fondamentale dans l’écosystème péri‐insulaire et profond de Crozet et de Kerguelen, la légine australe se nourrit de crustacés planctoniques en stade juvénile ; lorsqu’elle grandit, elle devient ichtyophage (elle se nourrit de poissons) et souvent cannibale ; puis, en s’enfonçant en profondeur, elle devient teutophage (elle se nourrit de céphalopodes).

La légine australe est la proie du requin dormeur en grande profondeur mais aussi, en phase juvénile, de l’albatros à sourcils noirs et du manchot papou à Kerguelen ainsi que du cormoran impérial et du manchot royal à Crozet. C’est une proie reconnue depuis longtemps des cachalots.

La légine australe est un poisson à haute valeur ajoutée. C’est l’un des plus chers au monde (10‐12 $/kg à la débarque). La France possède le premier quota au monde (5800 tonnes). Cette pêcherie est la deuxième de France en valeur. Elle constitue le deuxième secteur exportateur de la Réunion et génère 250 emplois directs et plus d’un millier d’emplois indirects. Elle est pratiquée par des armements français, tous basés à la Réunion, où la réglementation spécifique des Taaf impose de débarquer toutes leurs captures.

La pêche à la légine australe, dans les ZEE de Crozet et Kerguelen, est une pêcherie sélective qui est pratiquée par des palangriers à une profondeur de plus de 500 mètres (la légine vit par grande profondeur). La palangre est une ligne déroulée à l’arrière du navire de pêche, sur laquelle sont fixés, tous les 1,20 mètre, des hameçons reliés à un « avançon » (petite ligne de 60 cm)

 

 

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